Medef Isère : Emmanuel Bréziat, délégué général du Medef Isère
Bilan de l'année 2011
: Nos entreprises ont vécu une année 2011 en deux temps : un premier semestre porteur et bien orienté, un second semestre marqué par la crise des dettes souveraines. Nous ne sommes bien entendu pas dans la configuration de 2008. La crise de l’euro n’a pas, pour le moment, véritablement impacté l’économie réelle. Cependant, elle a fortement accentué le climat de défiance et le manque de visibilité dont souffrent la plupart de nos entreprises.
Les métiers de services sont dans une situation correcte. C’est le cas également de nos industriels isérois qui conservent de bons carnets de commandes. Dans tous les secteurs, nous observons des situations d’entreprises très contrastées. Le positionnement marché joue également un rôle déterminant. Les entreprises en capacité de bénéficier des marchés extra-européens tirent leur épingle du jeu.
Depuis la rentrée, nous observons une réelle baisse de la consommation, en particulier dans l’équipement de la maison, mais également dans la grande consommation. Cette baisse était largement prévisible, mais elle est accentuée par les inquiétudes liées aux dettes souveraines.
Depuis 2008 nos entreprises ont fait preuve d’une grande capacité d’adaptation, ce qui a permis de limiter le nombre de défaillances. Cependant, beaucoup de PME ont des structures financières fragilisées. C’est un point important car le contexte règlementaire et économique va restreindre les capacités de financement des banques. Nous devrons être encore plus vigilants sur nos fonds propres et nos besoins en fonds de roulement.
Le fonctionnement de notre marché du travail doit être modernisé et fluidifié. On ne peut pas accepter une situation où se côtoient une augmentation du chômage et des entreprises qui ont des difficultés à trouver des collaborateurs.
Perspectives 2012
: Nous espérons que l’année 2012 permettra de lever des incertitudes majeures qui pèsent sur notre économie.
Nos dirigeants européens parviendront-ils à rassurer sur l’avenir de la Zone euro ? De la réponse à cette question dépendra une grande partie de la configuration de l’année qui s’ouvre. Une disparition de l’euro aurait des conséquences incalculables et très probablement catastrophiques.
Au sein de cette Zone euro la France parviendra-t-elle à créer les conditions d’un nouveau chemin de croissance ? Pour cela, nous devrons mettre un terme à un triste cumul : être les seuls à avoir de tels niveaux de prélèvements publics, à avoir connu une dérive constante de nos dépenses, tout en étant incapables de présenter un seul budget équilibré depuis plus de 35 ans. Les leviers classiques de relance par la dette, à avoir été trop utilisés, sont usés jusqu’à la corde. Nous entrons dans une ère de désendettement. Tout l’enjeu des prochaines années est là : parvenir à nous désendetter sans hypothéquer la croissance. Pour cela, nous devons réduire nos dépenses publiques, clarifier les compétences de chacun, auditer toutes les politiques publiques, refonder le financement de notre protection sociale, et centrer nos efforts sur la compétitivité de nos entreprises. Ce n’est qu’à travers elles que nous retrouverons les voies d’une nouvelle croissance.
CGPME Isère : François Albrieux, président de la CGPME Isère
Bilan 2011
: Maintien de l’activité pour les entreprises du département par rapport à 2010. Les chiffres d’affaires ont progressé sur l’année et la situation financière est restée stable, tout comme les effectifs. En revanche, les investissements et l’activité à l’international ont connu une dégradation qui devrait se poursuivre à court terme.
Perspectives 2012
: Plutôt stables, avec toutefois un manque de visibilité sur le niveau des commandes pour les prochains mois, dans un contexte national très fluctuant (élections présidentielles, déficits budgétaires, croissance économique morose).
Préoccupations
: Incertitudes règlementaire et fiscale (ex : photovoltaïque), relèvement de la TVA dans certains secteurs d’activité, suppression de mesures incitatives (ex : immobilier).
Faits marquants: Confirmation des investissements importants en faveur de l’agglomération grenobloise, des pôles d’enseignement et de recherche ; politique de « grands travaux » qui aura des retombées favorables pour les entreprises locales (bâtiment, TP, industrie) et, à terme, renforcera l’attractivité de notre région.