CCI de Grenoble : Quelles sont les perspectives pour 2006 des entreprises des industries métallurgiques, électriques et connexes de l’Isère ?
Udimec : Les perspectives de développement de nos entreprises sont plutôt positives mais restent fragiles au-delà du 1er semestre compte tenu des évolutions politique, économique et sociale françaises.
Dans ce contexte, tous les indicateurs devraient progresser au cours du premier semestre 2006, même les effectifs (légèrement). Les carnets de commandes sont meilleurs et mieux renouvelés, mais ne permettent qu'une marge de manœuvre très étroite. Très rares sont les entreprises qui ont une "visibilité" au-delà de 2 mois. Après une année de stabilité, les investissements vont progresser, la première motivation restant la recherche de productivité et l’optimisation des ressources.
En matière d’emploi, de nouvelles embauches sont possibles au cours du premier semestre ainsi qu’un recours important à l'intérim. Par ailleurs, les premiers effets du « papy boom » commenceront à être perceptibles dès Pâques 2006.
CCI de Grenoble : En ce début 2006, quelles sont les principales préoccupations des entreprises que vous représentez ?
Udimec : En termes d’opportunités, les exportations et nos positions à l’international, qui restent aujourd'hui vulnérables, sont à développer, notamment le "grand export".
En termes de risques, le ralentissement de la croissance en France reste la crainte prioritaire des entreprises, devant le coût élevé des matières premières (mais tout dépend du niveau atteint).
La parité actuelle euro/dollar demeure une préoccupation forte de nos entreprises, celle-ci ayant temporairement permis une meilleure pénétration des marchés "export", mais pourrait à nouveau être beaucoup moins favorable. Enfin, les marges des entreprises se dégradent de plus en plus.
CCI de Grenoble : L’Udimec est très impliquée sur les questions de l’emploi et la formation professionnelle. Dans les années à venir, et devant l’accélération des départs en retraite, le renouvellement des compétences et des salariés vont se poser. Quelles sont les actions de l’Udimec sur ce sujet ? (sensibilisation, VAE, DIF…)
Udimec : Les entreprises que nous représentons vont bien sûr être touchées par ce phénomène. En revanche, nous ne connaissons pas le nombre de personnes concernées, ni la qualification du personnel à remplacer. Il paraît évident que les pénuries vont s'aggraver sur certains types de personnel, en particulier les ouvriers professionnels de la mécanique.
Face à ces besoins, l’Udimec a un rôle très actif. L'accueil et l'insertion des apprentis sont des actions prioritaires, de même que la formation des salariés. Il est prévisible aussi que le recours à des recrutements externes donnera un coup de "fouet" à l'emploi.
Concernant la réforme de la formation professionnelle, entrée en vigueur l’été dernier, des négociations sont en cours avec les partenaires sociaux dans les entreprises pour l’utilisation du droit individuel à la formation (DIF).
Nous pensons que ce dispositif a de beaux jours devant lui à partir de 2007 avec un DIF cumulé à 60 heures.
La validation des acquis de l’expérience (VAE) reste difficile à mettre en œuvre dans les entreprises qui sont pour l’instant encore mal informées. Le dispositif est déjà utilisé pour l’obtention de diplômes de niveau CAP-BEP voire niveau BAC. En revanche, plus durs sont les passages (et demandes) vers le niveau III (BTS) et plus encore vers les niveaux supérieurs.
CCI de Grenoble : Quelles retombées économiques attendez-vous du pôle de compétitivité Minalogic sur les entreprises de la région grenobloise ?
Udimec : L’Udimec, partenaire de Minalogic, s'emploie à informer ses adhérents sur l’opportunité que constitue le pôle Minalogic. En revanche, cette information reste générale, et nous sommes intéressés par une réflexion sur l'implication des PME/PMI de la métallurgie dans l'élaboration des différents projets du pôle, déterminants pour leur accompagnement dans l'effort d'innovation et de croissance.
Il est évident que le pôle aura de fortes retombées sur les entreprises, si elles sont elles-mêmes contributrices de ces développements.
Il est important que la communication se fasse sur l'ensemble des domaines technologiques appréhendés au-delà des nanotechnologies pour montrer tout le dynamisme des entreprises de la région grenobloise, petites et grandes, dans l’utilisation des nouvelles technologies et pas uniquement celles des semi-conducteurs.
* Union des industries métallurgiques, électriques et connexes - Patrice Chastagner, Président, et Jacques Vaccari , Délégué Général.
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