Robert Sorrel, président de la CGPME Isère
Bilan 1er semestre 2009
l’industrie est le secteur qui souffre le plus et qui ne voit pas de signe d’amélioration à court/moyen terme. Bien sûr, la situation est contrastée selon les activités et les tailles d’entreprises mais la sous-traitance est très malmenée depuis novembre 2008 (automobile, sous-traitants de Caterpillar).
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Le risque de perdre des savoir-faire au plan local est grand, sans parler de l’impact évident sur l’emploi. Le secteur du BTP subit la baisse d’activité liée à la crise de l’immobilier, d’autant que la mise en œuvre des plans de relance est plus difficile et plus longue que prévue. On constate beaucoup d’attentisme dans l’immobilier d’entreprise par exemple, et ce malgré les besoins exprimés (manque de visibilité). Pour leur part, les services aux entreprises connaissent des situations hétérogènes. Certaines activités sont victimes des restrictions budgétaires (SSII, communication notamment).
Dans le commerce, en revanche, la situation est plutôt stable, la consommation des ménages ayant perduré au 1er semestre (sauf dans l’équipement de la maison). Les services à la personne sont également bien orientés, voire en développement.
Perspectives 2010 : Les PME/TPE industrielles manquent de visibilité. On enregistre quelques frémissements, souvent liés au déstockage du 1er semestre. A noter que quelques entreprises doivent aujourd’hui faire face à un phénomène de surchauffe, qui arrive aussi brutalement que fut l’arrêt des commandes il y a quelques mois. Dans le BTP, les chantiers issus des plans de relance devraient démarrer début 2010. Par ailleurs, on note une légère reprise de la commercialisation immobilière de logements grâce aux avantages fiscaux (dispositif Scellier et primo accédants notamment).
Préoccupations : les entreprises industrielles ont utilisé tous les moyens mis à leur disposition pour combattre la crise. Les actions et la mobilisation des pouvoirs publics ont été essentielles sur ce point. Pour autant, il faut aujourd’hui qu’un vrai redémarrage de l’économie prenne le relais des aides et autres mesures publiques de soutien (qui vont se tarir), au risque de voir le nombre de défaillances d’entreprises augmenter. Globalement, certaines conditions sont favorables à une reprise de l’économie : le coût du crédit est intéressant mais les conditions d’obtention sont difficiles. Sur ce point, les entreprises insistent sur le durcissement de l’accès au crédit, que ce soit pour du court terme (trésorerie) ou du moyen/long terme (investissements). On est passé d’un extrême à l’autre : d’une période faste pour obtenir un crédit, à une période de crise, très restrictive dans l’appréciation du risque. Le danger serait de compromettre la reprise de l’économie par manque de financement des entreprises de la part des banquiers. Parmi les autres craintes de la CGPME, nous attirons l’attention sur les réformes fiscales en cours, tout à fait souhaitables dans leur principe (réforme de la taxe professionnelle et taxe carbone) : il ne faudrait pas que, par des effets pervers, cela débouche sur un alourdissement de la fiscalité de certaines entreprises et des TPE en particulier, dont les trésoreries sont déjà bien mises à mal après des mois de difficultés.
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