Témoignages - Les organisations interprofessionnelles


"Une reprise économique propice aux réformes"  

Medef Isère :

Emmanuel Bréziat, délégué général du Medef Isère

 

Bilan 2017 : Une reprise économique propice aux réformes.

C’est la première fois depuis très longtemps que l’on peut parler de véritable reprise économique avec des perspectives de croissance à 2 % en 2018. A des degrés divers, plusieurs facteurs viennent alimenter cette croissance. La baisse des cours du pétrole a représenté plusieurs milliards de "pouvoir d’achat" supplémentaire pour notre économie. La politique monétaire de la BCE entretient des taux d’intérêt très faibles qui devraient le rester pour au moins 2 à 3 ans. En outre, nous bénéficions d’un effet "rattrapage", après une dizaine d’années de quasi-stagnation, d’ailleurs plus tardif en France que dans la plupart des pays voisins.

Sur le plan franco-français, nous bénéficions de la politique de l’offre (CICE) entamée sous la précédente majorité. C’est le premier étage de la fusée : baisser les charges pour restaurer les marges. Ces dernières étaient tombées à des niveaux historiquement bas. Elles restent encore trop faibles mais la capacité d’investir de nos entreprises est en partie restaurée.

Ensuite il faut avoir l’envie d’investir. Cela nécessite des commandes et de la confiance. De ce point vue, les réformes engagées ces derniers mois, les signaux envoyés et les perspectives de stabilité fiscale ont largement contribué à restaurer la confiance des dirigeants. De fait, notre croissance est plus endogène. Les Français retrouvent une forme d’optimisme et c’est une vraie bonne nouvelle.

Cette reprise globale se traduit au niveau de notre département, avec un peu de retard pour le sud Isère. Pour la première fois depuis une dizaine d’années tous les secteurs économiques du département ont un bon, voire un très bon, niveau d’activité, à quelques exceptions près dont notamment le commerce grenoblois. Enfin, la région grenobloise devrait retrouver dans les prochaines années des perspectives positives avec, nous l’espérons tous, le réaménagement du rondeau et de l’A480.

Le point noir ce sont les difficultés de recrutement. Avec plus de 9 % de demandeurs d’emploi, nos entreprises rencontrent les mêmes difficultés à recruter que si nous étions sur un taux de 5 %... Lors des réunions que nous organisons avec nos chefs d’entreprise isérois, le sujet revient sans cesse sur la table et ce, quel que soit le secteur d’activité et le niveau de qualification.

Différents problèmes structurels viennent expliquer ce "plein emploi à 9 % de chômeurs" :
  • La question des décrocheurs scolaires avec plus de 100 000 jeunes par an qui arrivent sur le marché du travail sans diplôme, mais plus grave, souvent sans le savoir-être minimal pour intégrer une communauté de travail.
  • La dévalorisation des filières techniques et de l’alternance au profit de filières générales sans débouchés. Nous avons 50 % des étudiants européens en psychologie, pour 13 % de la population européenne…
  • Un système d’aides sociales et d’assurance chômage pas suffisamment incitatif à la reprise d’emploi. Ce dernier doit être réformé au moins sur quatre points : les règles d’indemnisation, l’accompagnement des plus fragiles, le contrôle et la formation des demandeurs d’emploi.
  • Une mobilité insuffisante entre les différents bassins d’emploi qui appelle une réflexion globale, en particulier sur l’emploi dans les zones rurales.
Nous espérons donc que les réformes en cours, de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’assurance chômage seront à la hauteur des enjeux.

La baisse des dépenses publiques est le second chantier prioritaire. Dans ce domaine nous cumulons de tristes records : champions du monde de la dépense publique, podium de l’endettement, aucun exercice budgétaire équilibré depuis 45 ans, record des prélèvements sur les entreprises…

Le « risque » de la reprise, c’est la tentation de la paresse et de la facilité. La reprise économique doit être une opportunité pour agir et s’attaquer à nos maux structurels : dépense publique, manque de compétitivité de nos entreprises, déficit commercial croissant, délitement de notre tissu industriel, sous-capitalisation et sous-investissement de nos entre-prises...

En cette période de vœux, souhaitons que l’élan réformateur se prolonge, s’amplifie et s’approfondisse. C’est le bon moment !.


 

CPME Isère

Jérôme Lopez, président de la CPME Isère


Bilan 2017 : Bonne nouvelle ! L’embellie de l’économie française amorcée début 2017 semble s’être confirmée en cette fin d’année.

En effet, les prévisionnistes nous annoncent que l’économie de la zone Euro devrait croître en 2018 à son rythme le plus rapide depuis dix ans, de l’ordre de 2,3 %. Le ciel devrait donc commencer à s’éclaircir pour notre économie après la crise des années 2007/2008, une longue période de stagnation et aujourd’hui un redémarrage.

Les industriels sont confiants, leurs carnets de commandes se regarnissent, et ils entraînent avec eux le secteur des services. L’industrie affiche donc des perspectives de croissance et l’activité dans le secteur de la robotique est soutenue, conséquence peut-être de la promotion de l’industrie 4.0 ?

Pour autant, et même si le chômage est en baisse, les industriels continuent à souffrir terriblement des difficultés de recrutement de personnels qualifiés dans leurs métiers.

Cette croissance dans le secteur industriel entraîne donc avec elle les métiers des services qui cependant sont confrontés à des marges en baisse d’une façon récurrente et à une prolifération de mono-structures.

Dans le secteur du commerce, on connaît un regain du commerce de proximité avec le développement de petites surfaces alimentaires. L’activité des moyennes surfaces alimentaires est bonne, en revanche, l’activité des hyper est en nette diminution. Le commerce sur internet continue à progresser. En revanche, il est important de remarquer que le « Black Friday » a eu un impact très négatif sur le commerce de proximité.

Le secteur automobile constate une activité croissante depuis septembre 2017 au niveau des ventes et également de la réparation automobile, même si l’on déplore un rallongement des délais de règlement de la part des grands comptes et des assureurs.

Conséquence des effets d’annonces, les constructeurs peinent à fournir des véhicules essence et donc à satisfaire la demande.

Côté tourisme, la dégradation liée aux attentats commis en France semble s’être estompée, les touristes sont de retour et la météo enneigée en Isère à Noël sera certainement propice aux professionnels de la montagne.

L’optimisme des chefs d’entreprise est donc palpable dans le secteur privé et les entreprises ont profité du CICE pour reconstituer leurs marges.

Perspectives 2018 : L’année 2018 s’annonce comme une année de réformes… de la formation, de l’apprentissage, de l’assurance chômage, de la retraite, etc.

Les chefs d’entreprise seront attentifs à tout cela et également aux dispositions contenues dans le futur PACTE – Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises – qui vise à améliorer l’environnement des PME et des TPE et à éclaircir l’horizon des dirigeants de PME pour 2018 … dont acte !!
 

CAPEB Isère

Francis Bouvier, secrétaire général CAPEB Isère

Bilan 2017 : L’année 2017 s’est concrétisée par une réelle embellie pour les TPE du Bâtiment de l’Isère, grâce notamment à une bonne dynamique des mises en chantier de bâtiments résidentiels et non résidentiels.

Cette reprise concerne également les travaux de rénovation, dont ceux liés à l’éco prêt à taux zéro, qui ont fortement évolué.

Toutefois ces signes encourageants ne sauraient cacher les problèmes de trésorerie auxquels sont confrontées les TPE du secteur.

Sur le front de l’emploi, les TPE subissent la pénurie de main-d’oeuvre pour répondre à cette reprise, la formation, bien qu’ayant augmenté en volume, n’y répondant que partiellement.

Perspectives 2018 : La problématique de 2018 sera non seulement l’emploi et la formation (difficultés de recrutement) pour que les TPE répondent à cette reprise durablement, mais aussi les tensions sur les prix des matières premières, alors même que les entreprises doivent reconstituer leurs marges.

Parmi les préoccupations des entreprises, on a pu relever l’évolution permanente de la réglementation, notamment sur la transition énergétique. Les événements majeurs qui vont marquer 2018 seront certainement la réforme de la formation professionnelle et le plan de rénovation énergétique des bâtiments.

En 2018, la CAPEB Isère continuera à se mobi-liser pour défendre et représenter les intérêts des TPE et des artisans, au plus près des territoires.
 

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Observatoire économique
observatoire.eco@grenoble.cci.fr

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