Témoignages - Les organisations interprofessionnelles


Medef Isère :

Emmanuel Bréziat, délégué général du Medef Isère

Bilan du 1er semestre 2017 : La situation économique s’améliore. Ce n’est pas spectaculaire mais la plupart des secteurs connaissent une embellie. Les services numériques sont dans une très bonne dynamique. Les services à la personne connaissent également une demande en croissance. Dans l’industrie, les marges restent insuffisantes mais elles progressent. On observe également une reprise modérée des investissements qui étaient à l’arrêt depuis plusieurs années. L’activité dans le bâtiment repart également mais nous restons en retrait par rapport à d’autres régions. En revanche les travaux publics restent sur des niveaux d’activité relativement faibles. Dans l’immobilier les volumes de transactions sont bons sans que cela se traduise, sur notre territoire, par une hausse des prix. Le commerce indépendant continue à souffrir, en particulier en région grenobloise. C’est aussi le cas de l’hôtellerie qui reste sur des taux d’occupation trop faibles.

Perspectives 2017 :

Le phénomène marquant depuis quelques mois concerne les problèmes de recrutement. La plupart de nos entreprises, quelle que soit leur taille et leur secteur d’activité, nous font part de difficultés pour trouver des collaborateurs et les fidéliser. Cette situation serait parfaitement compréhensible si nous étions dans une situation de plein emploi mais, malheureusement, c’est loin d’être le cas. Elle appelle des réponses structurelles à au moins trois niveaux. La question de l’adéquation des formations aux besoins des entreprises reste d’actualité. En formation initiale, comme en formation continue, nous devons être beaucoup plus attentifs aux besoins en qualifications du marché. Au-delà de cela, ces difficultés de recrutement concernent également des postes qui ne nécessitent pas de qualifications particulières. Là, c’est la question de l’attractivité du travail qui doit être posée. Le travail doit être plus rémunérateur et les mécanismes d’assistance plus incitatifs au retour à l’emploi. Dans le même esprit, notre système d’assurance chômage doit être repensé de façon à rendre la reprise d’emploi plus rémunératrice. Enfin nous devons nous emparer véritablement de la question du décrochage scolaire. Nos entreprises savent intégrer et former, mais elles ne savent pas éduquer. Or, une frange de la population n’a pas le savoir-être minimal pour évoluer dans une communauté de travail.

Le moral des chefs d’entreprises s’améliore ; l’optimisme et la confiance prennent le pas sur l’attentisme et la défiance. La réforme du code du travail va clairement dans le bon sens et devrait faciliter la vie des entreprises, en particulier des TPE et PME. Cette réforme doit s’accompagner d’une trajectoire claire de baisse des dépenses publiques et d’une volonté plus affirmée de simplification administrative.

Enfin, au niveau local, nos entreprises et nos collaborateurs attendent beaucoup du réaménagement du rondeau et de l’A480. La congestion de l’agglomération est un frein majeur à son développement économique. C’est l’attractivité, la qualité de vie et l’avenir de notre territoire qui sont en jeu dans ce dossier.


"Une conjoncture meilleure et un moral en hausse"  

 

CPME Isère

 Jérôme Lopez, président de la CPME Isère


Bilan du 1er semestre 2017 : Les inquiétudes des patrons de TPE et de PME exprimées dans le courant du 1er semestre 2017, compte tenu des électons présidentielles et législatives, semblent s’être avérées infondées puisque la croissance des entreprises s’est améliorée par rapport à 2016.

Les chiffres nous montrent que le moral des industriels est au plus haut depuis 2007, les carnets de commandes se regarnissent et entraînent avec eux le secteur des services.

Par ailleurs, la fin de la mesure fiscale de suramortissement en avril 2017 ne semble pas avoir eu d’impact sur l’investissement productif des entreprises sur le 1er semestre 2017.

Sur Grenoble, les sous-traitants de l’industrie peuvent cependant montrer des signes d’inquiétude face à l’annonce avant l’été de la suppression de 345 emplois chez General Electric Hydro.
Le secteur de la construction a progressé également après avoir été en fort recul depuis 3 ans, grâce essentiellement à la construction de logements neufs.

L’activité automobile se maintient, les ventes de véhicules neufs et d’occasion se situent à un niveau correct, seules les marges restent insuffisantes. Le commerce du centre-ville de Grenoble est de toute évidence un secteur en difficultés, aujourd’hui directement impacté par les
conséquences des aménagements de la circulation dans le centre-ville et, demain, les clients ne seront-ils pas attrés par les 24 000 m² du futur Centre commercial Neyrpic à St-Martin-d’Hères ?

S’agissant du secteur touristique, il est certes prématuré de dresser un premier bilan de la saison estivale mais il se pourrait qu’après les années 2015 et 2016, dégradées du fait des attentats en France, la filière renoue avec la croissance.

Perspectives 2017 :
La rentrée va être placée sous le signe des réformes et principalement de celles visant à réformer le code du travail.
La CPME a jugé cette réforme « particulièrement pragmatique » sur le champ social et beaucoup de propositions formulées par la CPME visant à faire reconnaître la spécificité des TPE et des PME ont été retenues. L’équilibre semble avoir été trouvé entre la sécurité dont les salariés ont besoin et la confiance dont ont besoin les chefs d’entreprise pour entreprendre dans notre pays.
Il est évident que des mouvements sociaux, tels qu’ils peuvent être prévisibles à la rentrée, risqueraient de venir perturber la croissance de notre activité économique qui reste encore fragile.

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Observatoire économique
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