Témoignages - Les organisations interprofessionnelles


"Une croissance mature et des réformes à poursuivre"  

Medef Isère :

Emmanuel Bréziat, délégué général du Medef Isère

Bilan 1er semestre 2018 :


La situation économique est bonne. La plupart de nos entreprises ont un carnet de commandes bien rempli et une visibilité correcte sur les prochains mois. La confiance est restaurée, ce qui facilite la reprise des investissements, en particulier dans l’industrie.

En outre, l’inflation reste maîtrisée, ce qui laisse augurer un prolongement de la politique des taux bas.

Cependant, plusieurs facteurs viennent tempérer cet optimisme.

Tout d’abord, le cycle de croissance que nous connaissons depuis la crise de 2008 est pleinement mature. La durée de ce cycle commence d’ailleurs à nous rapprocher des records en la matière…
En outre, les risques de guerre commerciale, alimentés par les Etats-Unis, représentent un réel danger.

Enfin, les risques géopolitiques, additionnés aux tensions au sein de la zone Euro, viennent également assombrir le paysage. L’Europe est en panne de projets, d’ambitions et d’unité. Nous sommes à la croisée des chemins et nous avons un défi majeur à relever : redonner vie au projet européen pour annihiler les risques populistes et les tentations de repli sur soi.

Sur le plan franco-français, nous avons toujours deux dossiers structurels à traiter : dépenses et compétences. Ce sont des sujets complexes, lourds et politiquement sensibles, mais si nous voulons restaurer notre compétitivité à l’international et accroître notre croissance potentielle, nous ne pouvons plus les contourner.

Tout a été dit sur le niveau de nos dépenses publiques et de notre dette, sur le frein qu’ils constituent pour notre économie et sur les risques qu’ils représentent pour l’avenir. Nous devons désormais engager une trajectoire déterminée de baisse de nos dépenses pour, a minima, nous rapprocher de nos voisins européens et cesser d’hypothéquer l’avenir.

La baisse de notre chômage structurel représente également un défi majeur. Il est quasiment à 9 % en France et à 4 % ailleurs… C’est un vrai chantier de moyen et long terme qui appelle plusieurs niveaux de réponses : la formation initiale et la lutte contre le décrochage scolaire, l’orientation des jeunes, la promotion de l’apprentissage, la revalorisation des filières techniques, la valorisation du travail au détriment de l’assistanat, la formation continue, la réforme de l’assurance chômage. Les réformes engagées dans ce domaine vont dans le bon sens mais nous devons aller plus loin.
Le MEDEF vient de faire des propositions fortes en matière de réforme de l’assurance chômage. Nous espérons que nos interlocuteurs prendront la mesure des enjeux et des changements à mener.

En Isère, les difficultés de recrutement restent la préoccupation majeure des chefs d’entreprise. Nous l’entendons quotidiennement. Dans le nord Isère « difficultés à recruter », dans la région grenobloise « difficultés à recruter et à circuler ».

En outre, on ne peut plus éluder les questions de sécurité dans l’attractivité globale de notre territoire. A l’occasion de déplacements « parisiens » récents, j’ai été particulièrement frappé par l’impact auprès de mes interlocuteurs des évènements tragiques de cet été.

A nous, collectivement, de relever ces défis ! Les chefs d’entreprise isérois sont attachés à leur territoire. En lien avec les élus, ils peuvent apporter une contribution utile pour valoriser nos atouts qui sont nombreux et développer une dynamique de croissance et d’investissements.


 "Retour vers une croissance plus modérée" 

CPME Isère

Jérôme Lopez, président de la CPME Isère

Bilan 1er semestre 2018 :

La croissance pour le 1er semestre 2018 est revue à la baisse. Sur l’année, celle-ci devrait atteindre péniblement les 1,7 %, loin donc des 2 % prévus par le Gouvernement qui paraissait optimiste.

Les mesures fiscales entrées en vigueur en début d’année, comme la hausse de la CSG pour les retraités et la hausse - entre autre - du prix du carburant, ont pesé sur le pouvoir d’achat.
Face à cela, les salariés devraient voir sur leur fiche de paie d’octobre l’effet de la suppression complète des cotisations chômage et maladie.

En cette rentrée, même s’il est bien trop tôt pour définir une tendance, il semble que le climat des affaires se soit replié dans tous les secteurs, à l’exception du bâtiment.

On ne semble pas s’acheminer vers un bouleversement de conjoncture, mais plutôt un retour vers une croissance plus modérée.

En Isère, au cours du 1er semestre 2018, l’activité industrielle a été soutenue, tant chez les grands donneurs d’ordres que chez les sous-traitants.

Le marché des machines spéciales se porte bien et les sous-traitants de l’automobile également.
Cette activité soutenue a pour conséquence le rallongement des délais de réalisation des commandes et les grands donneurs d’ordres en ont perdu l’habitude, ce qui peut créer parfois des tensions supplémentaires.

Par ailleurs, les difficultés persistantes pour trouver des techniciens qualifiés peut empêcher les PME de répondre favorablement aux demandes des donneurs d’ordres.

L’activité du commerce est atone, même si l’on constate une amélioration des chiffres pour les commerces alimentaires de proximité et ce, au détriment des hypermarchés qui souffrent.
Ces derniers proposent des produits qui sont directement concurrencés par le e-commerce.

Sur notre territoire, certaines zones commerciales situées en périphérie des villes ont subi des transformations importantes qui permettent d’attirer une nouvelle clientèle.

En revanche, le commerce du centre-ville de Grenoble continue à souffrir du fait des modifications des sens de circulation dans la ville et du coût du stationnement.

Enfin, il semble que la canicule estivale ait eu un effet positif sur le tourisme de moyenne montagne dont les établissements commerciaux ont vu une fréquentation accrue.

En cette rentrée, le projet de loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises) qui sera prochainement examiné au Parlement, aborde de multiples aspects de la vie des entreprises et vise -objectif louable- à leur simplifier l’existence. En l’état, ce texte semble aller dans le bon sens, notamment s’agissant de la modification des seuils de salariés.

Cependant, l’annonce du Gouvernement en août qui envisage de faire payer aux employeurs, à la place de la Sécurité Sociale, les indemnités maladie des salariés, pour une certaine durée, au-delà du délai de carence, a provoqué un tollé dans le monde patronal. Et dans le même ordre d’idée, l’annonce récente du report de la baisse des cotisations patronales sur les salaires au niveau du SMIC repoussée de janvier 2019 à octobre 2019.

Le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) instauré en mai dernier constitue des contraintes supplémentaires pour les entreprises.

Enfin, s’agissant du Prélèvement à la source, les entreprises ne sont pas prêtes à jouer les percepteurs et la CPME réclame inlassablement l’octroi d’un délai supplémentaire d’un an, ce qui permettrait, le cas échéant, d’examiner d’autres moyens de mettre en oeuvre le PAS sans passer par l’employeur.


 

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