Témoignages - Les professionnels par secteurs d'activité


FNAIM Entreprises Isère

Guillaume Woutaz, président Isère

Bilan 2017 : L’année aura été globalement positive d’un point de vue de l’activité en matière d’immobilier d’entreprise : volume placé, tenue des valeurs, performance particulièrement haute en matière de capitaux investis…
Concernant les locaux tertiaires : près de 86 000 m² placés sur l’agglomération, soit une hausse de plus de 20 % par rapport à 2016. Ce résultat s’explique en partie par 2 transactions d’envergure : EDF à St-Martin-le-Vinoux (25 000 m²) et SCHNEIDER ELECTRIC à Grenoble (18 000 m²). La surface moyenne par transaction est en hausse : 330 m² contre 280 m² sur l’exercice précédent. Par ailleurs, de nombreuses opérations tertiaires ont été lancées pour une livraison prévue en 2018 : Le Taillefer - Meylan (2300 m²), Les Deux Massifs - Montbonnot (1600 m²)…
Le cœur du marché se situe toujours sur Grenoble intra-muros et le Grésivaudan (Meylan-Montbonnot), représentant plus de 69 % de la demande placée. Concernant les valeurs, on observe une stabilité des loyers, mais une hausse des prix de vente principalement dans l’ancien.

Concernant les locaux d’activités/industriels : l’année a été dynamique avec 113 000 m² commercialisés (comme en 2016). Le rythme des transactions a été régulier et uniforme durant toute l’année 2017. Le marché est tiré par le Nord de l’agglomération avec près de 39 % de la demande placée. On note une stabilité des valeurs tant locatives que vénales. La part du neuf demeure insignifiante : inadéquation des besoins des utilisateurs (délais courts) par rapport aux délais de livraison des opérations.

Concernant le commerce : près de 29 000 m² transactés en 2017 soit 124 transactions (stable par rapport à 2016). 65 % des transactions réalisées l’ont été sur Grenoble intra-muros : la ville demeure attractive en dépit du contexte national difficile pour l’activité commerciale… On note des valeurs locatives stables mais la poursuite de l’érosion des droits aux baux.

Concernant l’investissement : 2017 est l’année de tous les records tant par le volume investi (près de 180 millions d’euros), que par le nombre d’opérations et leur taille pour certaines d’entre elles. Nous assistons au retour des investisseurs institutionnels sur le marché grenoblois et la périphérie. Les taux de rendement poursuivent leur érosion étant donné le niveau attractif des prêts bancaires, et le manque de produits d’investissement disponibles… Le secteur de l’investissement est largement tiré par le marché des bureaux (96 % des opérations recensées !)

Perspectives 2018 : une année qui s’annonce dynamique compte tenu de la demande active des prospects, tous secteurs d’activités confondus : tertiaire, industrie, commerce…
L’immobilier d’entreprise est généralement le reflet de l’activité économique.
 

FNAIM

Vincent Delaunois, président Isère

Bilan 2017 : Le bilan général de la situation des entreprises de l’immobilier a été plutôt en amélioration respectivement à l’année 2016. Il s’est traduit par une progression du chiffre d’affaires et de la situation financière et le maintien des effectifs et des investissements.

Perspectives 2018 et préoccupations : Avec des perspectives de développement pour 2018 plutôt stables, la profession est donc moyennement confiante pour les mois à venir.
 


 

Fédération du BTP Isère

Emmanuel Roy, chargé de mission Technique é Fiscal

Bilan 2017 : Au plan national, la reprise amorcée en 2016 dans le Bâtiment s’est accélérée en 2017, avec une croissance de l’activité de 4,7 % en volume. Le logement neuf constitue une nouvelle fois le principal vecteur de cette accélération avec une production atteignant près de 410 000 unités. Par ailleurs, après plusieurs années de repli, le non résidentiel retrouve de la vigueur avec une hausse de l’activité de 3,7 % hormis les locaux agricoles et les bâtiments administratifs qui restent encore en retrait. Enfin, le secteur de l’amélioration entretien a connu une belle année avec une hausse de 1,4 % de la production en volume, notamment grâce aux bons résultats de la rénovation énergétique des logements portée par le Crédit d’Impôt Transition Energétique (CITE) et la TVA à 5,5 %.

Concernant notre département, après un début d’année encore difficile, les chiffres ont retrouvé de la vigueur en juillet pour atteindre à fin novembre, sur douze mois glissants, +19,3 % en logements commencés et + 25,2 % en autorisés, chiffres prometteurs pour le premier semestre à venir.

Les Travaux Publics, en 2017 à l’échelle du territoire national ont certes connu un redémarrage, mais beaucoup plus lent qu’espéré… La prise de commandes s’est améliorée avec une progression de +7,6 % grâce au boost de l’effet « Grand Paris ». En effet, la reprise de l’investissement local reste encore très timide, pour ne pas dire molle, avec un +0,6 %. Ces signaux positifs permettent de maintenir une estimation de progression du chiffre d’affaires de l’ordre de +2,5 %.

En Isère, après un début d’année encore timoré, le mois de juillet laissait entrevoir un retour à un volume d’affaires intéressant, mais l’automne et la fin d’année ont eu raison de cette éphémère embellie. 2017, malgré une légère amélioration en milieu d’année, restera sous le signe d’une transition se voulant positive où tout reste encore à confirmer…

Perspectives 2018 : En 2018, le Bâtiment devrait connaître une nouvelle hausse de son activité à hauteur de 2,4 % en volume, soit un rythme de progression, comparé à 2017, déjà divisé par deux en raison d’une baisse des logements mis en chantier d’environ 10 000 unités. La hausse sera en partie soutenue par le non résidentiel qui connaitrait une augmentation de près de 9 %. Le seul bémol est à mettre à l’actif de la révision du CITE qui affectera le secteur de l’amélioration entretien et de fait sera cantonnée à une faible croissance.

Pour les Travaux Publics en 2018, la reprise de l’activité devrait s’amplifier par, notamment, une reprise de l’investissement local pour le bloc communal. En effet, le seuil du mi-mandat, c’est-à-dire la phase du cycle électoral la plus favorable à l’investissement, est atteint. De plus, l’effet « Grand Paris » continuera a joué le rôle de locomotive. Enfin la commande privée et le dynamisme du Bâtiment contribueront à une prévision pour l’ensemble du marché de Travaux Publics de + 4 % en valeur.

Pour l’ensemble du BTP, l’Isère ayant connu un « retard à l’allumage » en matière de reprise en 2017, l’inertie de notre secteur d’activité donne à espérer une progression plus marquée en 2018.

Confiance des entreprises : Les entrepreneurs du Bâtiment estiment, à fin décembre, que l’activité s’améliore et l’indice de retournement pour le deuxième mois consécutif reste dans la zone de climat conjoncturel favorable. Cependant, en gros oeuvre les prix sont encore jugés trop bas et la pression subie risque de s’intensifier avec la hausse des matières premières. Le second oeuvre reste dynamique mais, dans un contexte de forte concurrence, les prix sont serrés et amènent certaines entreprises à choisir de nouveaux marchés en quête de rentabilité. En ce qui concerne les Travaux Publics malgré une légère amélioration du volume d’activité, les entreprises restent toujours en attente d’une progression significative de l’activité ce qui engendre un niveau de prix encore trop bas et qui ne parvient pas, pour l’heure, à décoller.

Plan de charge : A fin décembre les entrepreneurs du Bâtiment jugent leurs carnets de commandes comme correctement remplis puisqu’ils assurent environ 7 mois de travail, restant ainsi au-dessus de leur moyenne à long terme. Pour les Travaux Publics après un passage au-delà du seuil des quatre mois en juillet, les carnets de commandes s’établissent à nouveau, selon les spécialités, autour des trois mois voire en deçà. Le manque de volume de travail sur le bassin Grenoblois pénalise encore le secteur de la construction dans son ensemble.

Préoccupations : L’inconstance des mesures fiscales, liée au vote annuel de la Loi de finances, crée systématiquement un flou et retarde la prise de décision des clients, déséquilibrant ainsi la Profession. Les nouvelles modifications du CITE vont clairement impacter le marché de l’amélioration entretien. Pour stabiliser le Bâtiment, il conviendrait d’installer des mesures à l’échelle d’un quinquennat et d’en prévoir des règles de sortie très en amont.

L’évènement majeur qu’attend l’ensemble des entrepreneurs du BTP est la décision qui sera prise par la commission d’enquête relative à l’A480. Un avis favorable serait synonyme de visibilité pour les Travaux Publics, puisqu’enfin un grand projet d’infrastructure sur l’agglomération pourrait redynamiser une partie de la Profession et serait porteur d’espoir pour l’autre en rendant plus fiables les déplacements.

Le nouveau plan de circulation dans le centre de Grenoble s’apparentant de plus en plus à un labyrinthe, les entreprises locales éprouvent de très grandes difficultés pour simplement travailler dans des conditions normales. Force est de constater qu’une nouvelle fois, la Profession mais également le monde économique dans son ensemble ne sont pas entendus au sein des différentes instances qui organisent la "concertation" en matière de déplacements, ce qui est sans nul doute dommageable à l’emploi local.
 


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