Témoignages - Les professionnels par secteurs d'activité

Fédératon Bancaire Française

Rodolphe Ferrier, président du Comité Local des Banques de l’Isère

 

Bilan du 1er semestre 2017 : tirée vers le haut par un environnement mondial plus favorable, la croissance du Produit intérieur brut Français pourrait atteindre 1,6 % cette année, sa meilleure performance depuis cinq ans, nous rapprochant ainsi de la moyenne de la zone euro (1,8 %).

Dans ce contexte teinté d’un renouveau d’optimisme, l’activité bancaire est naturellement bien orientée. En outre, le maintien de taux bas renforce la dynamique des financements des acteurs économiques, mais à l’inverse conduit à altérer la rentabilité des établissements de crédit.

Fin juin 2017, les encours de crédit portés par les banques françaises ont progressé, sur 12 mois glissants, de +5 % pour atteindre 2 226 Mds €.

Pour les entreprises, la production mensuelle moyenne de nouveaux crédits est proche de 26 Mds €. Elle n’était que de 22 Mds € en 2016 et de 20 Mds € en 2015. Ce changement de rythme se retrouve dans la croissance des encours de financements accordés aux entreprises (933 Mds €, en hausse de +4 % sur un an contre +1,3 % en moyenne sur la zone euro). La moitié des crédits accordés aux entreprises va aux TPE/PME (plus d’1 million de TPE/PME financées).

Coté taux, si de nouvelles baisses ne sont plus vraiment à attendre, la volonté affichée de la Banque Centrale Européenne de soutenir la croissance de la zone Euro devrait maintenir pour encore plusieurs mois des conditions assez stimulantes pour l’investissement des entreprises.

Autre bonne nouvelle, le niveau de défaillance des entreprises françaises a baissé de 7,8 % sur un an. Cette évolution très favorable se retrouve dans les comptes de résultat des établissements bancaires à travers la bonne maîtrise du coût du risque. Bien qu’en baisse de 20 % sur 1 an,
ce coût annuel s’élève néanmoins à 10,3 Mds € (équivalent à 1/5 de l’Impôt sur les sociétés ! ). Cette maîtrise du risque a des conséquences positives sur les taux pratiqués aux entreprises : avec un taux moyen de 1,77 % sur le 1er semestre, les conditions de financement en France sont de 0,50 % inférieures à la moyenne européenne.

La maîtrise du risque ne contraint pas pour autant l’accès au crédit : 95 % des PME ont une réponse positive à leur demande de crédit d’investissement et 86 % obtiennent le crédit de trésorerie souhaité. Cette facilité d’accès est confirmée par la baisse massive des saisines de
la Médiation de crédit : 2 780 saisines de la Médiation du crédit aux entreprises pour l’année 2016, en forte baisse depuis le lancement fin 2008 : - 85%.

Pour les ménages, les crédits ont également très fortement progressé, tirés par l’habitat dont les encours enregistrent une croissance annuelle de 5,4 %. Malgré une légère reprise des taux, le contexte reste très favorable aux emprunteurs (1,54 % en moyenne à fin mars 2017), expliquant ainsi une bonne part de cette performance. 30,7 % des ménages détiennent un crédit à l’habitat. Plus de 30 % des nouveaux financements sont accordés à des primo-accédant. Globalement, la solvabilité des emprunteurs reste bonne.
Après un début d’année très intense, la volumétrie des renégociations de taux s’est progressivement réduite.

Perspectives fin 2017 : celles-ci sont plutôt positives. L’activité crédit devrait rester soutenue : le département est dynamique et les projets d’investissement des entreprises sensiblement en hausse.

Un point de vigilance : le monde agricole souffre de prix toujours bas et de niveaux de récoltes parfois hétérogènes. Concernant les indicateurs du secteur bancaire, ceux-ci sont bien orientés (investissements, situation financière). L’évolution des effectifs bancaires tend à se stabiliser avec une orientation baissière à moyen terme.

Préoccupations majeures : Ces bonnes nouvelles ne doivent toutefois pas faire oublier les menaces que les évolutions règlementaires, initiées par l’instance de réglementation internationale (Comité de Bâle), font peser sur la capacité des établissements bancaires à accompagner la dynamique de notre économie.

Ces points sont techniques (effet de levier – ratio de fonds propres – normes comptables discriminantes - etc…) mais vont pénaliser et contraindre les banques européennes et françaises dans leur volonté d’augmenter encore le volume de financement. Deux d’entre elles devraient avoir également un effet significatif sur le renchérissement du coût de financement.

Par ailleurs, et à court terme, la mise en oeuvre de la résiliation annuelle des contrats d’assurance emprunteurs (ADE) va profondément bouleverser cette activité et peser sur la rentabilité de cette activité.

 

FNAIM Entreprises Isère

Guillaume Woutaz, président Isère

Bilan du 1er semestre 2017 : Les résultats et chiffres collectés diffèrent sensiblement selon la typologie d’actifs.

En ce qui concerne le secteur des bureaux : Les transactions des locaux tertiaires reprennent des couleurs significatives à période comparable avec l’année 2016 : + 127 % de hausse de la surface placée, soit 22 986 m² contre 10 117 m² au 1er semestre 2016. Cette performance est essentiellement le fait de transactions locatives (7 861 m² loués sur le 1er semestre 2016 contre 17 619 m² au 1er semestre 2017 !).
Le rythme de transaction en matière de bureaux retrouve un niveau cohérent et « normal », 2016 ayant été pour rappel un exercice compliqué. Ceci est dû à des prises de décisions des entreprises durant le 1er semestre 2017 (faut-il y voir un signe de reprise de confiance ?).
Le classement des secteurs les plus animés en matière de bureaux demeure inchangé : Grenoble domine largement avec plus de 10 000 m² commercialisés, suivent Meylan et Montbonnot.
A noter cependant que ces 3 communes passent de 80 % à 60 % du total de la surface placée à période comparable entre 2016 et 2017.
Les valeurs de vente demeurent stables et les professionnels semblent observer une légère hausse des valeurs locatives.

Concernant les locaux industriels et d’activité : Cette classe d’actifs voit sa surface placée, augmenter également sensiblement entre 2016 et 2017 (1ers semestres), passant de 25 692 m² à plus de 35 218 m² (hausse de plus de 37 %). Ceci est principalement dû à une hausse substantielle des surfaces vendues (seulement 7 872 m² l’année dernière au 1er semestre, contre plus de 24 307 m² en 2017 au 1er semestre - à relativiser cependant compte tenu d’une transaction représentant à elle seule 12 000 m²). La surface placée sur le plan locatif bénéficie également d’une belle augmentation de près de 7 000 m2. Les valeurs semblent orientées à la hausse, tant d’un point de vue du marché locatif que du marché des locaux à la vente.

Concernant les investissements : Le nombre de transactions demeure stable (9 contre 12 à périodes comparables). En revanche, on note un léger repli de la surface placée passant de 29 200 m² à 26 055 m². Les classes d’actifs les plus représentées sont de loin les immeubles de bureaux, pour retrouver ensuite les locaux industriels et d’activités (provenant du peu d’offres disponibles actuellement sur le marché et non d’un désintérêt des investisseurs). Il semble que les murs de locaux commerciaux soient « boudés » par les investisseurs (sauf emplacement N°1), méfiants sur les mutations du secteur (incidence du E-commerce, mais peut-être aussi de l’évolution générale de l’hyper centre-ville grenoblois ?).
De manière générale, nous observons une contraction des taux de rendement, qui s’explique par le niveau toujours très bas des taux d’emprunts et de la rareté des opérations d’investissement, contre une appétence croissante des investisseurs pour le marché de l’immobilier d’entreprise.

Concernant le Commerce : Après un 1er semestre euphorique en 2016, force est de constater que nous retombons à des niveaux plus cohérents avec notre marché, pour atteindre ainsi péniblement 6 115 m² de surface placée (contre près de 22 000 m² pour rappel durant le 1er semestre 2017 !). Le nombre de transactions s’effondre également, passant de 63 à 34 transactions… L’érosion de la valeur des droits aux baux semble inexorable, tout comme la contraction des valeurs locatives.

Faits marquants :
Le foncier disponible sur l’agglomération demeure toujours rare et on observe une augmentation des mises en chantier d’immeubles de bureaux.
 

FNAIM

Vincent Delaunois, président Isère

Bilan du 1er semestre 2017 : Un bilan entre la stabilité et l’amélioration pour les professionnels de l’immobilier qui affichent une bonne tenue des principaux indicateurs (CA, trésorerie, effectifs et situation financière).

Perspectives fin 2017 : Elles sont plutôt positives pour la profession se traduisant par un retour de la confiance.

Préoccupations : Les mesures annoncées en matière de réforme fiscale et notamment la refonte de l’ISF sur l’immobilier.
 


 

Fédération du BTP Isère

Emmanuel Roy, chargé de mission Technique é Fiscal

Bilan du 1er semestre 2017 : En ce qui concerne le Bâtiment, la reprise semble s’installer au plan national. Pour notre département, après un début d’année encore difficile, la fin du 1er trimestre a été marquée par un retour des chiffres positifs qui s’inscrivent, sur 12 mois glissants à fin mai, à hauteur de + 10,8% pour les logements mis en chantier. La tendance devrait se confirmer puisque les logements autorisés pour la même période affichent un prometteur + 40,3%. Le marché de la rénovation quant à lui reste encore un peu en retrait.

Après un premier trimestre plutôt morose pénalisé notamment par des conditions climatiques difficiles et la fusion des intercommunalités, les Travaux Publics, sur l’ensemble du territoire, ont repris un peu de couleur avec un niveau d’activité s’établissant à + 3,1 % entre juin 2016 et juin 2017. Toutefois, cette légère reprise reste fragile car encore équivalente au niveau d’activité de 2016 sur la même période.

En Isère, le semestre écoulé est mitigé, en effet, le 1er trimestre a encore été marqué par 8 800 heures d’activité partielle et des carnets de commandes toujours inférieurs à 3 mois. Le 2e trimestre est mieux orienté et synonyme de reprise avec des carnets de commandes atteignant les 4 mois à la fin juin.

Pour le BTP dans son ensemble, l’optimisme pointe à nouveau mais il convient de rester très prudent car les volumes d’activité ne sont pas encore à considérer comme durables pour l’instant, tout reste à confirmer.

Perspectives fin 2017 : Celles-ci sont plutôt stables. En effet, le secteur du BTP sort à peine de huit années de crise. Les trésoreries de la majeure partie des entreprises sont affaiblies et la question du financement de la reprise reste entière notamment en matière d’investissement. Pour faire face au regain de volume, les effectifs ont augmenté mais, à ce jour, il s’agit principalement de l’intérim car il est prématuré pour juger de la durabilité de la reprise.

Pour autant la visibilité s’améliore. En effet, à fin juin 2017, les entrepreneurs du Bâtiment, compte tenu de leurs effectifs, sont plus nombreux à estimer leurs carnets de commandes comme « mieux garnis » puisqu’ils assurent près de 7,2 mois de travail passant ainsi au-dessus de leur moyenne à long terme. Seul bémol, en Isère, le volume de travail n’est pas encore assez conséquent sur le bassin Grenoblois. Pour les Travaux Publics, les 4 mois de carnets de commande déclarés à la fin juin sont à relativiser en partie du fait de la saisonnalité de l’activité qui s’installe de plus en plus. Par ailleurs, un tiers des entrepreneurs de Travaux Publics jugent encore la conjoncture comme médiocre. Pour l’ensemble des entreprises du BTP, le frein principal à une franche reprise reste actuellement les niveaux de prix encore trop bas.

Préoccupations : Le cortège de mesures post élections présidentielles est lancé et la Profession attend d’en voir les effets substantiels mais d’ores et déjà une charge nouvelle pour les entreprises verra le jour à moyen terme avec la mise en place du prélèvement à la source. D’autres mesures risquent d’avoir de lourdes conséquences pour les TPE, comme par exemple le doublement du plafond du chiffre d’affaires annuel des autoentrepreneurs.

Faits marquants du 1er semestre 2017 : Plus localement, l’optimisme est présent au sein de la Profession suite à la signature l’an dernier du protocole d’accord en faveur de l’A480 par les quatre financeurs. Cependant, une étape essentielle reste à franchir à ce projet crucial pour l’avenir de l’agglomération et pour le monde économique, celle de l’enquête publique. Il convient donc de rester extrêmement vigilant en se mobilisant massivement en faveur de l’A480 et du Rondeau.
 


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