Témoignages - Les professionnels par secteurs d'activité

Fédératon Bancaire Française

Perrine Gilbert, présidente du Comité Local des Banques de l'Isère

 

Bilan 2016 : A fin octobre 2016, au plan national, les banques portaient un encours de crédit sur les entreprises et les particuliers de 2 150 Mds d’€, en progression de +4,1 % sur un an.

Pour les entreprises qui représentent 50 % de cet encours, les crédits ont progressé de 4,8 % à fin novembre sur un an, toujours largement au‐dessus de la croissance du PIB. Cette croissance a été tirée par les crédits de trésorerie (+6,5 %), tandis que les crédits d’investissement progressaient de 4,4 %.

La production de nouveaux crédits aux entreprises s’établit à 255 Mds d’€ sur un an. Cette progression des crédits aux entreprises positionne toujours la France en tête de la zone Euro, tandis que les taux en France sont les plus bas de la zone Euro. On note, sur les derniers mois de 2016, une augmentation de la demande des crédits d’investissement pour les PME.

En parallèle, les défaillances d’entreprises ont contunué à décroître (‐3,4 % à fin 11/2016 pour l’Isère), de même que les saisines de la Médiation du Crédit aux entreprises.

Pour les ménages, les crédits ont également progressé de 4,1 % sur un an, avec une bonne dynamique, tant des crédits à l’habitat (+3,9 %, ce chiffre d’encours ne tenant pas compte des renégociations qui ont encore été très fortes en 2016) que des crédits à la consommation (+4,1%). Un quart des nouveaux crédits à l’habitat vont à des primo‐accédants. Les taux pratiqués, historiquement bas, contribuent à la solvabilité des emprunteurs. Depuis 2012, les taux ont été divisés par 2. La dynamique des crédits à l’habitat en France est presque le double de celle que connaît la zone euro.


Préoccupations majeures :
Malgré une légère remontée récente des taux, générée davantage par la conjoncture aux États‐Unis que par une amélioration de la conjoncture européenne, les résultats des banques de détail restent fortement sous pression et nécessitent une poursuite de l’effort d’adaptation de leur base de coûts. Cet effort est d’autant plus nécessaire qu’en parallèle les investissements dans le digital sont importants pour s’adapter aux nouveaux comportements des clients et à la concurrence de nouveaux entrants.

En matière de réglementation, certaines évolutions envisagées par le Comité de Bâle pourraient remettre en cause, côté financement des ménages, les prêts immobiliers à taux fixe, la faiblesse des taux pratiqués, le volume et la durée des crédits accordés, ainsi que l’utilisation du cautionnement en lieu et place de l’hypothèque. Côté financement des entreprises, les évolutions envisagées par ce Comité pourraient impacter les volumes de financement et le coût du crédit, ainsi que certains types de financements structurés.

Perspectives 2017 :
En 2017, les banques devront continuer à investir pour développer leurs outils, dans une logique de couplage de l’humain (les réseaux d’agences) et du digital (les services numériques), permettant d’optimiser le niveau de qualité et de sécurité et d’améliorer leur efficacité opérationnelle. La qualité de la relation‐client et le niveau de service qu’elles auront développés seront cruciaux dans un contexte de mobilité bancaire facilitée par la loi Macron à compter de février 2017 et d'arrivée de nouveaux entrants, type Orange Bank.

 

FNAIM Entreprises Isère

Guillaume Woutaz, président Isère

Bilan 2016 : concernant le marché des bureaux, l’année a été correcte, se situant audelà de la moyenne annuelle observée depuis 10 ans (51 000 m2 placés en moyenne). Ce résultat, bien que supérieur, est à relativiser car composé en partie de 2 transactions majeures qu’ont été le lancement de l’opération Schneider sur la presqu’île (26 750 m2) et l’acquisition par la ville de Grenoble, de l’ancien siège du Crédit Agricole. Les demandes provenant des grands comptes sont en baisse et le secteur du neuf est sous représenté.Ceci est dû à la difficulté de lancer des opérations en précommercialisation (les délais nécessaires étant incompatibles avec les calendriers des prospects). Le marché se concentre toujours sur Grenoble intramuros et Inovallée (51 % du marché au total). La demande est toujours largement portée sur de l’acquisition, laquelle se heurte à une offre quasi inexistante (le stock étant très largement locatif). Les valeurs sont stables, mais les mesures d’accompagnement des bailleurs sont plus fortes.

Concernant les locaux d’activité, un premier semestre difficile et une accélération des transactions au dernier semestre. Une surface totale placée à l’année en repli par rapport à 2015, mais résultant du nombre moins important d’opérations clés en main. Beaucoup de renégociations de baux, notamment des grands comptes et groupes. Difficulté à sortir des opérations neuves du fait, là encore, des délais de pré‐commercialisation (dès lors la part du neuf dans le stock et dans les transactions réalisée est insignifiante). Les surfaces placées ont été réparties sur l’ensemble du territoire. Le stock disponible est en diminution, mais la part du neuf est insignifiante, d’où une offre qui ne se renouvelle pas assez vite et qui devient majoritairement vieillissante. Les valeurs sont plutôt à la baisse.

Pour le commerce, l’année a été dynamique, avec un nombre de transactions en hausse et une vacance en diminution dans Grenoble Intramuros, à l’exception des emplacements et rues secondaires en difficultés. Retour des groupes et enseignes sur l’agglomération grenobloise. Stabilisation des valeurs, mais la notion de droit au bail est à la baisse encore et toujours (sauf emplacements n°1).

Quant à l’investissement, d’un point de vue du volume investi, l’année a été bonne. Le manque de produits est en contradiction avec la demande et les investisseurs nombreux. Les taux de rendement observés se contractent, entrainant de fait une hausse des prix de cession.
 

FNAIM

Vincent Delaunois, président Isère

Bilan 2016 : d’une manière générale, la situation des entreprises de l’immobilier a été identique à celle de 2015 et tend plutôt vers une amélioration qui s’est traduit par une progression du chiffre d’affaires, le maintien de la situation financière, des investissement et des effectifs.

Perspectives 2017 : au vu de la situation économique actuelle, la profession est moyennement confiante.
 
 

Fédération du BTP Isère

Emmanuel Roy, chargé de mission Technique é Fiscal

Bilan 2016 : au plan natuonal, après huit années de crise, une reprise d’activité s’est amorcée en 2016 pour le Bâtiment. Elle s’établit à + 1,9 % en volume, grâce à la dynamique du logement neuf et à une baisse contenue du non résidentiel. En revanche, en matière de rénovation, le marché reste atone avec une très modeste hausse de +0,5 %.

Malheureusement, l’Isère reste aux abonnés absents de la reprise. Les chiffres sont encore mal orientés avec une baisse de 11 % des logements mis en chantier, à fin novembre, sur douze mois glissants.

En matière de Travaux publics, au plan national, l’année 2016 est placée sous le signe d’un redressement timoré avec, à fin novembre, en cumul depuis janvier, un + 3,6 % prometteur mais qui ne permet pas de se rapprocher des niveaux d’activité d’avant crise.

Toutefois, l’Isère ne connait pas cette embellie et après une très légère amélioration en juillet, les carnets de commande repartent à la baisse. En effet, la commande publique demeure hésitante avec des volumes encore trop faibles. Au troisième trimestre 2016, en comparaison avec le troisième trimestre 2015, l’investissement des communes et des intercommunalités perdait respectivement 18 et 30 %.

Perspectives 2017 : pour 2017, la FFB prévoit une accélération de la reprise à 3,4 % en volume
avec pour conséquence, pour la première fois depuis 2008, la création d’emplois en solde net. Le secteur de l’amélioration–entretien devrait quant à lui connaître un hausse limitée à 0,9 %. L’espoir est donc de mise pour le département de l’Isère, d’autant que les chiffres de logement autorisés atteignent enfin, sur douze mois glissants à fin novembre, une valeur encourageante à hauteur de + 6,7 %.

Les Travaux Publics tablent quant à eux sur une reprise qualifiée de modérée avec des prévisions à + 2,5 % en valeur et + 1,7 % en volume. Néanmoins, il convient de rester vigilant car certains points persistent et pourraient mettre à mal ce redressement, notamment le contexte lié aux élections présidentielles et l’évolution de l’investissement local.

Les entrepreneurs du Bâtiment estiment, à fin décembre, que l’activité s’altère légèrement et l’indicateur de retournement reste dans la zone d’incertitude conjoncturelle. Les carnets de commandes sont encore jugés comme peu garnis, toutefois ils considèrent qu’ils devraient assurer 6,8 mois de travail. Un niveau supérieur à la moyenne, à long terme, mais qui s’explique en partie par une prise de commandes sur les départements limitrophes à l’Isère, le contexte grenoblois restant extrêmement tendu.

Pour les Travaux Publics les premières tendances montrent que les carnets de commandes repassent sous le seuil des 3 mois, ce qui aura pour conséquence d’exacerber une nouvelle fois la tension sur les prix.

Préoccupations : l’élection présidentielle et son cortège de mesures post électorales risquent encore de venir fragiliser le secteur du BTP et nombreux sont les thèmes en lien avec la question des déficits qui pourraient y contribuer.

La profession a accueilli avec beaucoup d’espoir la signature du protocole d’intention signé entre l’État, le Département, la Métropole et AREA, en faveur de l’A480 et du Rondeau. Si les Travaux débutent en 2019, il devrait redonner enfin de la visibilité aux entreprises locales. La profession se félicite d’être fréquemment sollicitée pour participer à des ateliers de concertation sur divers sujets en lien avec les déplacements. Toutefois, elle déplore ne pas être entendue car les mesures adoptées ne prennent pas en compte la situation financière dans laquelle se trouvent nombre de PME qui, de fait, peuvent se retrouver en danger.
 


CAPEB Isère

Didier Canard-Volland, secrétaire général Isère

Bilan 2016 : l’année 2016 a vu une légère amélioration de l’activité économique, en termes de chiffres d’affaires et de carnets de commandes. En effet, le frémissement a commencé au 2e trimestre et s’est poursuivi jusqu’à la fin de l’année dernière.

Pour autant, les TPE du secteur bâtiment pâtissent encore d’une baisse des marges et d’une trésorerie tendue qui les laissent toujours aussi fragiles.

Chez les clients particuliers, les délais de paiement s’allongent. Cette conjoncture difficile a rendu les chefs d’entreprise plus prudents dans leurs recrutements, les métiers évoluant vers davantage de technicité et de polyvalence.

La concurrence déloyale (travail détaché et micro entreprises), présente sur les chantiers privés et publics, accentue ces phénomènes.

Perspectives 2017 : confirmés en 2017, les dispositifs de financement liés aux travaux de rénovation énergétique (Eco PTZ, Crédit d’impôt Transition Énergétique, éco primes CEE) et d’accessibilité des logements permettent le soutien de l’activité des entreprises artisanales de bâtiment.

La période électorale qui s’annonce est un risque de blocage supplémentaire. La CAPEB revendique des simplifications réglementaires essentielles pour un fonctionnement plus efficace des entreprises du bâtiment : par exemple la suppression du compte pénibilité, une TVA à 5,5 % pour l’ensemble des travaux de rénovation et non pas seulement pour la rénovation énergétique…

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