Témoignages - Les professionnels par secteurs d'activité

"Un bon volume de transactions"

FNAIM

Vincent Delaunois, président Isère

Bilan 1er semestre 2018 :

Le volume de transactions ayant été bon pour ce premier semestre, on peut dire que la situation des entreprises de l’immobilier s’est plutôt maintenue.

Perspectives 2018 :
Les perspectives de développement sont plutôt stables, voire légèrement négatives compte tenu d’une année 2017 exceptionnelle. Par ailleurs, subissant une concurrence de la Métropole lyonnaise, la profession est donc moyennement confiante pour les mois à venir.
 

"L’activité reste bien orientée en Isère"

 

Fédération du BTP Isère

Emmanuel Roy, chargé de mission Technique é Fiscal

Bilan 1er semestre 2018 :

L’activité immédiate des entreprises de Bâtiment portée par l’inertie du logement neuf s’avère dynamique au plan national. Les prévisions de la FFB pour 2018 sont toujours d’actualité avec une croissance de la production en volume qui devrait atteindre 9,6% depuis le point bas de 2015. Dans ce contexte d’embellie, près de 30 000 emplois y compris l’intérim en équivalent temps plein ont été créés à fin mars 2018 sur 12 mois glissants. L’entretien rénovation enregistre en glissement annuel sur le premier trimestre 2018 une légère croissance en volume de 0,9%. En Isère, la situation est équivalente, l’activité est en progression sur le premier semestre 2018.

En matière de Travaux Publics, sur l’ensemble du territoire national, la Profession a vu le montant des facturations progresser de 9,8% sur les six premiers mois de l’année. En même temps que l’impact du Grand Paris Express commence à se faire ressentir, le redressement du secteur semble partagé par toutes les spécialités (routes, canalisateurs…) sur le premier semestre. Concernant notre département, malgré un léger fléchissement en toute fin de 1er semestre l’activité reste bien orientée.

Perspectives pour fin 2018 :

Le BTP Isérois dans son ensemble devrait, en partie grâce à l’inertie propre au secteur, connaître une fin d’année stable. Cependant, pour le bâtiment, les derniers chiffres en matière de logement neuf laissent entrevoir un probable renversement de tendance. En effet, l’assimilation de l’immobilier à une rente et les mesures prises en Loi de finances pour 2018 ont suffi à casser la dynamique des marchés résidentiels, principal vecteur de sortie de crise. Pour exemple sur 12 mois glissants, les logements autorisés sont passés d’un prometteur + 28,6 % en janvier à un inquiétant + 0,5 % à la fin juillet. L’entretien rénovation devrait également rester stable, mais la fin annoncée en décembre prochain du Crédit d’Impôt Transition Energétique (CITE) risque d’impacter fortement l’activité en début d’année 2019. En matière de Travaux Publics, à l’instar du Grand Paris Express, le début des travaux de l’A480 devrait apporter du souffle à l’activité.

Globalement, les entreprises de BTP ont connu une progression de leur chiffre d’affaires depuis le début de l’année, toutefois elles sont encore fragiles. Les prix commencent à se redresser très légèrement mais les coûts progressent encore plus vite. D’après l’INSEE, les prix du Bâtiment ont progressé de 1,1 % en glissement annuel au premier trimestre, alors que parallèlement, le coût des matériaux augmentait en moyenne de 2,3 %. Il en va de même pour les Travaux Publics avec une hausse plus marquée pour les bitumes.

Par conséquent, la trésorerie et les marges des entreprises connaissent un nouvel effritement.
Confiance des entreprises : Il convient de rester prudent car le Bâtiment est d’une certaine façon à la croisée des chemins et dépendant des mesures qui seront prises au travers de la Loi de finances pour 2019. Dans un contexte de reprise, le gouvernement en place a raboté fin 2017 le PTZ et le Pinel, supprimé l’APL accession et profondément bouleversé le modèle du logement social, ce qui engendre mécaniquement un effondrement du marché.

Plan de charge des entreprises : Pour le Bâtiment, les carnets de commande en gros œuvre s’établissent en moyenne à 7,3 mois, mais ce chiffre est à relativiser car il est dû en partie à l’activité exercée par les entreprises hors département. L’activité du second oeuvre reste bien orientée, dans la continuité d’un début d’année marqué par un bon courant d’affaires.
Les carnets de commande des entreprises de Travaux Publics restent constants depuis le début de l’année, se stabilisant autour des quatre mois.

Les prix sont encore très disputés pour l’ensemble du BTP et la disponibilité de main d’oeuvre limite parfois l’activité.

Préoccupations et faits marquants 2019 :

de nouvelles craintes pour le Bâtiment ! Dans le cadre du prélèvement à la source, une nouvelle fois d’actualité, la prise en compte pour le calcul du déficit foncier, de seulement 50 % des travaux réalisés en 2018 et 2019 ou des provisions en copropriétés, va provoquer le report des chantiers non urgents en 2020.

De plus, le CITE sera transformé en « prime » jusqu’à présent nommée « prime Hulot » à compter de 2019, mais les paramètres de cette prime restent à définir et, les informations qui filtrent aujourd’hui laissent craindre un net rétrécissement de l’aide. Tous ces balbutiements ne sont définitivement pas de bon augure pour le BTP.

L’avis favorable de la Commission d’enquête quant à la réalisation de l’élargissement de l’A480 et l’aménagement du Rondeau sera sans nul doute une bouffée d’oxygène pour l’ensemble de la Profession. Non seulement en phase travaux mais à terme en gain de temps pour les milliers de compagnons qui se rendent quotidiennement sur les chantiers en empruntant l’A480.

Le plan de circulation reste une préoccupation majeure des entreprises locales qui éprouvent toujours autant de difficultés pour circuler dans Grenoble et de fait pour travailler dans des conditions normales…


"Les crédits bancaires aux entreprises progressent"

Fédération bancaire française

Rodolphe Ferrier, président du Comité Local des Banques de l'Isère

Bilan 1er semestre 2018 :

Au plan national, la reprise amorcée en 2016 Les dernières prévisions du FMI le confirment : la croissance mondiale sera encore vigoureuse en 2018 et 2019 (autour de 3,9 %) malgré une relative crispation politique autour des échanges commerciaux internationaux. Mais sans être alarmante, la récente contraction des échanges observée au dernier trimestre doit nous rendre vigilants.
D’autant qu’en France, l’hypothèse d’un léger coup de frein sur la croissance n’est plus à écarter : le climat des affaires fléchit même s’il demeure à un niveau élevé et les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage augmentent fortement et s’accompagnent d’une baisse des dépenses de consommation.

Ce contexte, potentiellement moins porteur, ne pèse pas encore sur l’activité bancaire dont les crédits à l’économie poursuivent leur progression à plus de +5,7 % sur un an pour atteindre 2 344 milliards d’euros. Ce rythme, à la fois supérieur à celui des autres grandes économies de la zone euro et surtout très supérieur à la croissance française, n’est d’ailleurs pas sans préoccuper nos instances de supervision. D’autant que les taux pratiqués en France restent significativement inférieurs à ceux pratiqués dans la zone euro.

Pour les entreprises : Même si l’investissement des entreprises a marqué le pas au 1er trimestre 2018 (seulement +0,1 %) du fait d’un repli des dépenses d’investissement en biens manufacturés, les crédits bancaires aux entreprises progressent au rythme de 6 % l’an (une des performances les plus élevées de la zone euro) représentant un encours de 986 milliards d’euros. Sur le 1er semestre 2018 et comme en 2017, c’est en moyenne 26 milliards d’euros de crédits nouveaux qui sont accordés chaque mois aux entreprises (la moitié de ces financements vont aux PME). Ce chiffre n’était que de 22 milliards d’euros en 2016 et de 20 milliards d’euros en 2015.

L’accès des PME aux crédits de trésorerie se maintient à un niveau élevé au second trimestre 2018 : 87 % obtiennent totalement ou en grande partie les crédits demandés. Ce chiffre s’élève à 95 % pour les projets d’investissement.

Pour les ménages : Stimulés par des taux toujours très bas (1,53 % en moyenne pour un taux fixe courant juillet 2018 - source Banque de France), les crédits aux particuliers sont en hausse de + 6,4 % sur un an (contre 3,4 % en moyenne sur la zone euro) avec 1 196 Mds d’euros d’encours. Depuis 2012, les taux moyens des nouveaux crédits ont été divisés par plus de 2.

Globalement, la solvabilité des emprunteurs reste bonne avec un taux de sinistralité de 1,43 % très inférieur à la moyenne européenne.

Il est également important de noter que la « vague » des réaménagements semble toucher à sa fin puisque nous sommes globalement revenus sur des tendances de long terme.
Préoccupations majeures du secteur bancaire : Jamais la pression réglementaire n’a été aussi forte pour les banques françaises (Bale III – EMIR…). Cela nous contraint à déployer des moyens humains et financiers très importants, et dans des délais très courts, afin de répondre à ces nouvelles exigences et éviter toute forme de sanction.

Garantir et renforcer la solidité du système bancaire est naturellement souhaitable mais ce déferlement réglementaire arrive alors même, qu’outre-Atlantique, la dérégulation s’accélère et que de nouveaux acteurs sont désormais autorisés à traiter des opérations financières en s’affranchissant des contraintes imposées aux banques. La distorsion des règles de concurrence est un poison lent mais particulièrement redoutable. Soyons vigilant à ce qu’il n’affaiblisse pas durablement notre système bancaire et, à travers lui, toute notre économie.
 


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