Accueil >Economie et territoire >Conjoncture économique du territoire >Edito de Jean Vaylet sur bilan de conjoncture du 1er semestre 2020

Conjoncture de la région grenobloise : les organisations interprofessionnelles


"Une rentrée sous le signe de l’optimisme" 

Medef Isère :

Emmanuel Bréziat, délégué général du Medef Isère

Bilan 1er semestre 2021 : Cette rentrée se présente sous de très bons auspices. Toutes les prévisions sur les conséquences économiques de la crise sanitaire ont été déjouées ; dans le bon sens.

Pas de vagues de faillites.

Certains organismes prévoyaient une hausse de 10 % des faillites en 2020 (55000 entreprises) ; elles ont baissé de 38 %.... Au final, on devrait constater 15 à 20 000 faillites en moins sur 2020 et 2021 au regard d’un rythme « classique ».

Nous aurons donc inévitablement un effet de rattrapage mais en aucun cas une vague « reportée » de faillites. Il pourrait se faire sentir en mars 2022 ; lorsque les PGE devront commencer à être remboursés (si cette date n’est pas décalée). Cependant il ne devrait pas être massif car la plupart des entreprises n’ont pas utilisé leur PGE et le rembourseront donc sans difficultés.

Pas de destructions massives d’emplois.

Les principaux instituts de prévisions craignaient au moins 800 000 destructions d’emplois. Or, à la plus grande surprise de tous les observateurs, le taux de chômage est déjà revenu à son niveau d’avant crise (8 %). Ce chiffre reste cependant à nuancer ; fin juin 2021, 1,3 millions de salariés étaient encore en activité partielle et donc non comptabilisés dans les chiffres du chômage.

Une partie de cette activité partielle se traduira à un moment donné par des licenciements, ce qui n’est pas dramatique.

En effet la quasi-totalité de nos entreprises peinent à recruter. La DARES estimait à près de 300 000 le nombre de postes vacants au deuxième trimestre 2021 (chiffre probablement sous-estimé). Il ne se passe pas un jour sans qu’un chef d’entreprise nous explique que son principal problème c’est de trouver du personnel, quel que soit le secteur et le niveau de qualification. Même des postes ne nécessitant aucune qualification particulière ne trouvent pas preneur.

Aucune réponse simpliste ne solutionnera un problème structurel, ancien et complexe.
Il faut agir sur tous les leviers : formation initiale, décrocheurs scolaires, orientation, formation professionnelle, dispositifs de reconversion plus agiles… et également réformer urgemment notre système d’assurance chômage. La mobilité géographique des salariés devra également être facilitée ; la France reste l’un des pays où on peine le plus à « bouger » pour trouver un emploi.

L’ampleur sans précédent des aides, la réactivité des politiques publiques, le bon calibrage des dispositifs et le recours massif au chômage partiel ont permis d’éviter la catastrophe annoncée. Il faudra bien rembourser un jour mais dans cette crise sanitaire majeure c’était la seule façon d’éviter un effondrement de notre tissu productif. L’agilité de nos entreprises, l’engagement et le sens des responsabilités des salariés doivent également être salués.

Perspectives 2021 :
Malgré les difficultés de recrutement, d’approvisionnements, et l’envolée du prix des matières premières qui devraient perdurer au moins jusqu’à la fin de l’année, nous ne pouvons que nous réjouir de cette reprise, aussi vigoureuse et qu’inattendue.

Dans ce climat positif, la dynamique est encore meilleure sur notre territoire. La saison estivale a été très bonne pour les acteurs de la montagne ; beaucoup de nos entreprises locales adressent des marchés très porteurs, numérique et micro-électronique notamment ; de ce fait le chômage baisse chez nous plus vite qu’ailleurs.

Sans perdre de vue les défis qui s’offrent à nous (transition énergétique, dette publique, financement de notre protection sociale, souveraineté économique, économie de la connaissance…) contribuons avec enthousiasme et détermination à la reprise.
 



"Regain d’activité et reprise de la consommation"

CPME Isère

Jérôme Lopez, président de la CPME Isère

Bilan 1er semestre 2021 : En cette rentrée 2021, la page du Covid n’est malheureusement pas encore tournée. Pour autant on prévoit que l’activité économique devrait rebondir de 6 % en 2021 et ce, grâce à une solide reprise de la consommation. Les plus optimistes des prévisionnistes disent même que l’économie française devrait retrouver son niveau d’avant crise dès la fin 2021.

Tout cela bien évidemment sous réserve que la progression du variant Delta n’entraîne pas la résurgence de contraintes sanitaires sévères et que les taux de vaccination continuent de progresser. Ceci étant dit tous les secteurs d’activité ne sont pas logés à la même enseigne, et parmi eux certains seront durablement pénalisés du fait de la baisse de la demande. C’est le cas entre autres de l’aéronautique, du transport aérien, de l’hébergement et de la culture. Cette rentrée est placée certes sous le signe de la reprise mais les entreprises sont confrontées à des difficultés réelles en matière de recrutements d’une part, et de hausse du coût des matières premières d’autre part, voire de pénurie pour certaines d’entre-elles.

La CPME estime qu’une entreprise sur deux peine à recruter, et ce, quel que soit le secteur d’activité et évalue à 300 000 le nombre de postes à pourvoir. Les besoins de main d’oeuvre se situent dans l’industrie, dans le BTP, dans la restauration, dans l’informatique, etc.

Le secteur de l’intérim peine à recruter des candidats et le manque de mobilité d’une grande majorité de demandeurs d’emploi aggrave encore cette situation. La crise sanitaire a impacté la motivation des salariés, le personnel a du mal à retrouver les cadences d’avant Covid et ce dernier a parfois généré du stress vis-à-vis des conditions de leur emploi. Le télétravail qui perdure chez certains gros donneurs d’ordre pénalise la réactivité des réponses ou l’anticipation des consultations et produit des effets négatifs sur les PME et les TPE.

Il est un fait que le travail en distanciel n’est que très rarement adapté aux PME et aux TPE où l’interaction entre les salariés et la polyvalence de leurs fonctions sont des éléments essentiels pour que ces catégories d’entreprises restent compétitives. La hausse du coût des matières premières, notamment sur le plastique et l’acier, provoque une érosion des marges car il n’est pas toujours possible de répercuter ces hausses sur le client final.

Avec la reprise économique et la relance simultanée dans beaucoup de pays, ces difficultés d’approvisionnement se multiplient et provoquent des retards de livraisons et des hausses des prix. Les entreprises qui travaillent en lien avec la montagne et notamment avec les stations de ski souffrent du retard d’investissements des stations compte tenu du manque de visibilité sur la saison prochaine. S’agissant du secteur automobile, la réparation a connu une activité soutenue au cours du premier semestre 2021 ainsi que la vente de véhicules d’occasion. En revanche, la vente de véhicules neufs est en baisse et on évalue à 5 millions le retard de véhicules neufs qui n’ont pas été livrés en France ces derniers mois. Des retards dans l’approvisionnement des pièces détachées commencent également à se faire sentir et auront forcément des conséquences sur les réparations.

Le commerce alimentaire et l’équipement de la personne se portent assez bien et, abstraction faite de l’année 2020, qui a été une année exceptionnelle du fait des fermetures administratives dans certains secteurs, celui-ci tend à retrouver le niveau de 2019.

Le comportement des clients a changé, on constate une baisse de fréquentation dans les magasins mais les achats sont plus importants à chaque passage. Certains secteurs et notamment celui de la restauration se plaignent de l’entrée en vigueur du pass sanitaire qui a pour conséquence de faire fuir une partie de la clientèle. Ce pass sanitaire impose en revanche des interventions sur les sites internet avec des mises à jour et crée de l’activité pour les prestataires web qui constatent également un regain d’activité pour tout ce qui concerne le marketing digital.

Pour les mois à venir, souhaitons que ce regain d’activité perdure et que les PGE, les reports de cotisations et les autres emprunts ne mettent pas nos entreprises face à un mur de dettes qu’elles auraient du mal à franchir et créent des phénomènes d’insolvabilité.

Mais pour l’heure, restons optimistes !


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