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Emmanuel Roy

"Maintien de l’activité malgré un 1er semestre marqué par le choc de l’inflation "

Bilan 1er semestre 2022 :

Au niveau national pour le Bâtiment le logement neuf se stabilise à hauteur de +0,5 % sur 12 mois glissants à fin avril.

 

Toutefois, il est à noter que cette stabilisation est due à la hausse de l’individuel +8,3 % compensant la chute du collectif à –6,1 %.

 

Sur la même période, sous l’effet du traitement des dépôts massifs en décembre 2021 lié à l’anticipation de la RE2020, le nombre de permis de construire s’envole de 21,8 %.

 

Cependant, cet effet positif commence à prendre fin, l’individuel chute déjà de 8,1 % sur un an à fin avril, alors qu’il se poursuit encore en collectif (+32 %) en raison de délais d’instruction plus longs. Le non résidentiel est en hausse de +26 %.

 

Ce redressement est synonyme de reprise des investissements, notamment dans l’industrie et le commerce.

 

L’activité amélioration-entretien est, quant à elle, en légère accélération à +1,4 % par rapport au 1er trimestre 2021 alors que la rénovation énergétique semble marquer le pas à +1,1 % malgré le cortège d’aides qui l’accompagne.

 

En Isère, la tendance est sensiblement la même avec, en logements commencés, une légère hausse de 3,3 % portée par l’individuel à +7,9 % alors que le collectif atteint péniblement +1,3 % sur un an à fin juin.

 

Concernant les logements autorisés (PC), en lien avec l’anticipation de la RE2020, l’augmentation sur la période est de 17 % à la faveur du collectif qui atteint +22,2%.

 

En ce qui concerne les Travaux Publics, après une fin d’année 2021 stable à l’échelle nationale, le 1er trimestre a marqué un premier retrait de l’activité en volume (-10,1 %) , pour aller vers un décrochage au 2e (-15,5 %).

 

Les marchés conclus s’installent dans une tendance baissière, avec un nouveau recul à hauteur de -10,7 % au second trimestre.

 

L’activité sur notre département est orientée, comme au national, avec une baisse des appels d’offres de -3 % sur 12 mois glissants à fin mai et -23 % par rapport à la moyenne des trois années précédant la crise sanitaire.

 

Perspectives à fin 2022 :

La lecture des prochains mois reste un exercice difficile. En effet, la profession est face à une situation très contrastée.

 

L’activité bénéficie d’une visibilité correcte mais de multiples facteurs contraignent la marge de manoeuvre des entreprises.

 

La crise des matériaux ne semble pas trouver son terme et parallèlement, celle de l’énergie se développe.

 

De novembre 2021 à avril 2022, les prix des aciers pour la construction ont progressé de 27 %, ceux des tuiles de 20 %, des produits en PVC de 16 %...

 

Les litanies de hausses se succèdent depuis fin 2020 et fragilisent évidement les entreprises de BTP : leurs marges opérationnelles se dégradent.

 

Les comptes trimestriels de la Nation, publiés par l’INSEE, en font clairement écho. Les trésoreries des TPE sont fortement impactées et se stabilisent difficilement pour les entreprises de plus de 10 salariés. Mais avec la crise de l’énergie, le choc inflationniste va encore s’accentuer.

 

Dans un contexte de guerre en Ukraine qui s’installe, la réorganisation de l’approvisionnement en gaz peine encore et son prix risque de s’envoler, entrainant avec lui celui de l’électricité.

 

En effet, en Europe le prix de l’électricité est indexé sur celui du gaz, aussi aberrant que cela puisse paraitre pour notre territoire, ce qui laisse entrevoir une explosion de son prix sur les mois à venir. Les principaux énergéticiens tablent d’ores et déjà, pour les entreprises, sur un prix du MWh à minima multiplié par 10.

 

De plus, si l’abandon du GNR programmé en janvier 2023 entrait réellement en vigueur, il ne ferait qu’ajouter de l’inflation à l’inflation. Enfin, on note une augmentation des appels d’offres infructueux, des marchés plus fréquemment décalés, voire annulés sous l’effet de la hausse des prix, créant de l’inquiétude chez les entrepreneurs de BTP. En AURA, 9 sur 10 d’entre eux déclarent être inquiets sur l’activité à venir, du fait de l’imprévisibilité de la situation.

 

En Bâtiment, le marché de l’entretien rénovation devrait encore bénéficier de la dynamique des aides, notamment MaPrimeRenov’, mais la dégradation du marché des CEE pourrait brider légèrement l’activité.

 

En revanche, l’inquiétude se renforce sur le logement neuf et sa probable chute à l’horizon fin 2022 : les chiffres récents confirment ce risque.

 

Les Travaux Publics quant à eux, confrontés à un renforcement des tensions inflationnistes pesant de plus en plus sur l’activité et les prises de commandes, voient le climat des affaires se dégrader encore.

 

L’inertie du secteur du Bâtiment permet de conserver des carnets de commandes corrects, allant de 6 à 10 mois pour les PME selon leur taille, mais ils accusent une légère baisse de l’ordre de 2 %.

 

Cette faible baisse reflète parfaitement la fin progressive de l’effet d’anticipation de la RE2020. En matière de Travaux Publics, les carnets de commandes, après une fin d’année 2021 prometteuse, atteignent presque les 4 mois mais sont en baisse depuis le début de l’année.

 

Préoccupations et faits marquants :

Les entreprises du BTP sont face à une situation inédite alliant une inflation galopante pour les matériaux et l’énergie, une pénurie de main d’oeuvre face à un volume d’activité encore conséquent, l’entrée en vigueur de la RE2020 entrainant des surcoûts induits, le remboursement des PGE… En bref, leurs trésoreries sont fragilisées.

 

L’ensemble de ces éléments devraient les pousser à augmenter leurs prix pour conserver leurs marges, mais dans ce contexte tendu, certains maîtres d’ouvrages, face à la hausse des coûts, décalent ou annulent leurs projets.

 

Les appels d’offres infructueux s’ajoutant à cette situation accentuent une concurrence déjà très forte et une tension permanente sur les prix.

 

Ce constat confirme que, la solidarité de l’ensemble des acteurs de l’acte de construire, appelée de ses voeux depuis des mois par la Profession doit impérativement devenir réalité, à la fois par de la tempérance sur les prix des matériaux et par l’insertion systématique de clauses de variations de prix dans les marchés. ZFE : le nouveau seuil, interdisant les véhicules Crit’Air 3 est entré en vigueur le 1er juillet dernier.

 

Dans le contexte actuel et malgré les aides et les quelques dérogations obtenues par le monde économique, certaines TPE et PME rencontreront, à n’en pas douter, des difficultés financières pour répondre à leurs obligations.