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Emmanuel Bréziat

"Les nuages s’amoncellent… "

 

Bilan 1er semestre 2022 :

Des nuages menaçants commencent à s’accumuler dans un ciel économique jusqu’ici resplendissant. Alors que l’été s’achève, l’économie française fait preuve d’une très belle résistance.

 

Le secteur privé continue à créer un nombre très élevé d’emplois : plus de 80 000 en 2021, 70 000 au 1er trimestre 2022 et plus de 100 000 au 2e trimestre. Ce rythme de créations est inattendu, en grande partie inexpliqué, et il reste bien supérieur à celui qui devrait résulter du taux de croissance de l’activité. L’activité résiste bien. On constate un rebond du PIB de 0,5 % au 2e trimestre après une contraction de 0,2 % au 1er trimestre.

 

Les chiffres du 3e trimestre devraient être positifs (dans les services) compte tenu de la belle saison estivale et du retour en masse des touristes étrangers. Ce rebond devrait garantir un acquis de croissance de 2,5 % en 2022, ce qui constitue une belle performance dans les circonstances.

 

Dans ce contexte global, l’Isère tire très bien son épingle du jeu et a tous les atouts pour construire l’avenir. Un attrait accru pour la montagne, des investissements sans précédents dans la micro-électronique, un tissu d’entreprises très présent sur les secteurs porteurs, un dynamisme intact dans l’innovation etc… Cependant, on observe un début de contraction de l’activité manufacturière au 3e trimestre (difficultés d’approvisionnement et de recrutement, recul des nouvelles commandes).

 

Si l’indice du climat des affaires publié par l’INSEE demeure stable en août, le moral des ménages reste en berne, plombé par l’inflation et les perspectives de niveau de vie. Ces craintes se traduisent par des reports d’achats et par une baisse de la « sur-épargne » constituée en 2020 et 2021 (43 % des 154 milliards d’€ auraient été absorbés par la hausse des prix à la consommation).

 

L’inflation continue d’accélérer pour atteindre 6 % en juillet, soit un plus haut niveau depuis 37 ans. Elle reste bien inférieure à la moyenne de la zone euro (environ 9 %) mais uniquement du fait des mesures gouvernementales qui pèsent lourd sur les finances publiques. Cette inflation va appeler une nouvelle hausse des taux de la BCE en septembre.

 

On peut supposer que cette hausse aura un impact assez limité. En effet, contrairement aux Etats-Unis, l’inflation que subit l’Europe est largement « importée » à travers l’explosion du prix de l’énergie liée principalement à la guerre en Ukraine. Ce contexte inédit et menaçant appelle à une mobilisation de tous les acteurs, en particulier pour faire face à la crise énergétique et « passer » l’hiver.

 

Les entreprises prendront leur part et répondront à l’appel à la sobriété lancée par Elisabeth Borne lors de la REF du Medef. D’ailleurs beaucoup d’entre elles, et en particulier dans notre région, ont déjà engagé de nombreux investissements pour réduire leur consommation.

 

Un effort partagé et appliqué avec discernement. Il est du devoir de chacun, et à la portée de tous, de réduire un peu le chauffage cet hiver ; mais pour bon nombre d’entreprises l’accès à l’énergie est vital dans leur process de production. Par ailleurs les difficultés de recrutement atteignent un niveau sans précédent.

 

La réforme de l’assurance chômage est urgente et indispensable, avec un régime d’indemnisation fonction de la conjoncture économique que le Medef appelle de ses voeux. Enfin, le défi de la transition écologique est dans tous les esprits. Sous l’impulsion de notre Présidente, le Medef Isère est particulièrement mobilisé pour accompagner au mieux nos entreprises dans cette transition.

 

Nous répondrons présents pour avancer vers un capitalisme décarboné et être à vos côtés dans les mois tourmentés qui s’annoncent.